La chauffe

Les tous premiers feux dits « feux de dérhumage »

Quand il est tout neuf, un four, c’est comme le pain, c’est comme une mariée ! Ça ne se brutalise pas ! A mon humble avis, il vaut mieux attendre un bon mois après la fin des travaux avant de commencer les premiers feux. Pour notre four, nous avons eu la chance que la durée du séchage tombe dans une période caniculaire et nous avons y simplement installé une petite soufflerie pendant une semaine.

Les premiers feux : Ce sont de tous petits feux que l’on installe sur une tôle (genre vieille lèchefrite) munie d’un grand manche et qu’on peut balader d’un point à l’autre du four

La chauffe normale

feu_1    

Dans la tradition des fours communaux ou banaux, faire les fagots et chauffer le four, c’était le travail du fournier. D’après un ami, Etienne Fallon, fabuleux boulanger installé en Bretagne à Saint Guyomard, le meilleur bois pour chauffer un four est le bouleau. Il se consume vite mais c’est le bois qui dégage le plus de calories/kg de bois.

Dans les fours démunis de ouras, le tirage se fait par la gueule : L’air froid pénètre dans le four par la moitié basse de la gueule et l’air chaud et les fumées ressortent par la moitié haute de la gueule. Il faut éviter d’y brûler des résineux qui noirciraient la voûte ou y déposeraient des goudrons gras et collants. Dans les fours munis de ouras, on peut brûler à peu près n’importe quoi, y compris des « grosses bûches ».

Si le four n’a pas servi depuis longtemps, il vaut mieux, la veille de la grande chauffe, refaire un petit feu qui permettra de l’assécher.

Il faut se garder d’entasser les braises sur en couches trop épaisses : Seule la couche de surface est incandescente. Les couches inférieures sont du simple charbon de bois. Or le charbon de bois est un excellent isolant thermique. En procédant de cette mauvaise façon on obtient une voûte brûlante et une sole froide.